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Le photographe et le koulak
Si on excepte les célébrités (un Mitterrand par exemple, ou de façon plus incertaine un François 1er, un Loti, un Monnet ou un Aubigné), le visage charentais le plus connu au monde est celui d'un inconnu. Ceci, grâce à une photo d'anthologie. En 1951, Paul Strand décide de réaliser un reportage dans un village afin de fixer une identité à travers quelques portraits. C'est sa façon. Il choisit un lieu, y demeure suffisamment de temps pour le comprendre de l'intérieur puis il y pose son appareil photo. Il l'a déjà fait aux Nouvelles-Hébrides, au Mexique ou dans son quartier de Manhattan, sans ce voyeurisme de couleur locale ethnographique qui caractérise la plupart de ses confrères, et est ainsi devenu l'un des grands maîtres de la photographie. Au départ, ce n'est nullement le pays charentais qu'il recherche, ni même la France, mais un coin de tradition (a small traditional place) quelque part en Europe dans lequel il pourrait s'incruster pour l'étudier pas à pas (to dig into its smallness), car il a l'intuition qu'après la guerre et face aux modernisations qui s'annoncent (plan Marshall et « reconstruction »), tout sera bouleversé et aura disparu la vie européenne à l'ancienne. Il le cherche en Angleterre, en Allemagne, en Hollande ... Sa quête devient bientôt connue, c'est un intellectuel français qui finalement va déterminer son choix.
Publié par buznik2268 à 22:38:31 dans "Gondeville, une légende du siècle" | Commentaires (0) | Permaliens
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LEGENDE(s) des SIECLES
Petits clins d'oeil ponctuels, apériodiques, par paquet(s) de cinq !