I
Quand au bout d'huit jours
le repos term'né
Nous allons reprend'les tranchées
Notre vie est inutile,
Car sans nous on prend la pile.
Oui, mais maintenant
On est fatigué,
Les hommes ne peuv'plus marcher,
Et le coeur bien gros
Avec des sanglots
On dit adieu aux civlots.
Même sans tambour,
Même sans trompette, on s'en va là-haut en baissant la tête !
REFRAIN
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes,
C'est pas fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser not'peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés...